Graphique de l'indice boursier allemand DAX (Deutscher Aktienindex) à la Bourse de Francfort
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en hausse jeudi, profitant de la forte baisse des rendements obligataires dans un contexte de ventes massives dans le secteur technologique, qui est à nouveau l'objet de la méfiance du marché en raison de son niveau d'endettement élevé.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,78% à 7.934,70 points. À Francfort, le Dax a pris 0,33% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,08%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,36%, mais le FTSEurofirst 300 a fini sur un gain de 0,37% et le Stoxx 600 a pris 0,38%.
Les places européennes ont été épargnées jeudi, moins exposées au secteur technologique que New York, Tokyo ou Séoul, et ont même pu reprendre un peu leur souffle grâce à un recul des rendements de la dette souveraine.
De l'autre côté de l'Atlantique, le Nasdaq recule en revanche au cours d'une séance où le coût de l'assurance contre le défaut de paiement des groupes liés à l'IA a atteint dans certains cas des niveaux records.
L'opérateur américain de centres de données CoreWeave attire tous les regards, au coeur d'une nouvelle tempête sur le marché du crédit, déclenchée par une l'inflation américaine qui ne cesse de s'accélérer et qui pourrait conduire la banque centrale à relever davantage ses taux d'intérêt.
Le groupe doit près de 50 milliards de dollars à ses créanciers et cette dette, tout comme celle d'autres entreprises du secteur contractée pour financer la course à l'intelligence artificielle (IA), pourrait s'avérer encore plus coûteuse dans le cadre d'une politique monétaire restrictive.
Les indicateurs économiques récents, notamment l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis, ont ravivé les craintes inflationnistes, remettant brièvement sur le tapis la possibilité d'une hausse des coûts d'emprunt par la Fed en octobre, un scénario qui avait pourtant été écarté.
Mais les rendements obligataires reculent nettement jeudi, les investisseurs recherchant avant tout la sécurité offerte par la dette souveraine et semblant convaincus que la banque centrale attendra cette fois-ci.
"Même si l'inflation reste élevée, le risque est qu'elle puisse nuire à la croissance à long terme ; les inquiétudes liées à l'IA et la possibilité d'un fléchissement des Bourses renforcent les arguments en faveur d'une fuite vers la qualité", souligne Collin Martin, analyste au Schwab Center for Financial Research.
Les opérateurs sont également attirés par les rendements attractifs après leur récente flambée, avec des pics inégalés depuis plus de deux décennies pour les échéances longues, tant en Europe qu'aux États-Unis.
VALEURS
Les actions des fabricants européens de puces électroniques et des groupes liés à l'IA ont reculé, ASML, STMicroelectronics, BESI, Infineon et ASMI clôturant sur des baisses allant de 3,7% à 7%.
Legrand et Schneider Electric, dont l'activité est très dépendante des centres de données, ont perdu 1,2% et 2,4% respectivement.
L'indice technologique du Stoxx 6000 a abandonné 1,54%, réduisant ses pertes après être tombé en séance à son plus bas niveau depuis plus de trois semaines, à 998,99 points.
Dans le reste de l'actualité des entreprises, Pernod Ricard a pris 0,76% après avoir fait état d'une baisse moins importante que prévu de son chiffre d'affaires du premier trimestre.
Ailleurs en Europe, le fabricant d'équipements télécoms Ericsson a grimpé de 6,8% après avoir publié un bénéfice d'exploitation trimestriel avec une baisse moins marquée qu'initialement anticipé.
A WALL STREET
Les indices de la Bourse de New York évoluent en ordre dispersé à l'heure de la clôture des Bourses européennes, le Nasdaq réduisant quelque peu les pertes enregistrées en début de séance.
Le Dow Jones prend 0,91%, le Standard & Poor's 500 grappille 0,05% et le Nasdaq Composite cède 0,39%.
CoreWeave abandonne 2,2% après avoir chuté de 15% mercredi et Nvidia perd 1,5%.
L'indice Philadelphia SE Semiconductor affiche un recul de 1,74%, prolongeant ainsi une baisse qui dure déjà depuis sept séances.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les prix à la production (PPI) aux États-Unis ont enregistré en septembre leur plus forte hausse en quatre ans et demi, sous l'effet de l'augmentation des coûts des biens et des services, dernier signe en date d'un élargissement des pressions inflationnistes au-delà des produits énergétiques.
Les ventes au détail ont pour leur part augmenté plus que prévu le mois dernier, portées par la hausse des prix de l'essence, même si les dépenses dans d'autres secteurs sont restées modérées.
Le nombre de personnes ayant déposé une nouvelle demande d'allocation chômage a en outre légèrement augmenté la semaine dernière, dans un contexte de faible nombre de licenciements qui contribue à la stabilité du marché du travail.
Dans la zone euro, la production industrielle a diminué de façon inattendue en août, selon les données publiées jeudi par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.
En France, l'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH) a accéléré comme attendu à 3,4% sur un an en septembre, montrent les données définitives de l'Insee.
TAUX
Les rendements des Bunds, l'obligation de référence de la zone euro, ont atteint jeudi leur plus bas niveau depuis plusieurs semaines, les craintes liées à la technologie poussant les investisseurs à se réfugier dans la dette souveraine.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu près de 6 points de base pour finir la séance à 3,4068%. Celui de l'obligation à deux ans a perdu 2,2 points de base à 3,0781%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a abandonné 9,2 points de base à 4,7887%.
Les anticipations concernant l'évolution des taux de la Banque centrale européenne (BCE) restent globalement inchangées, les marchés monétaires tablant sur un statu quo en octobre avant une nouvelle hausse en décembre.
Selon Alvaro Santos Pereira, membre du conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort, l'inflation liée aux prix de l'énergie ne se répercute pas sur les autres prix, ce qui constitue un signe rassurant.
Eurostat doit publier vendredi les données définitives sur l'inflation dans le bloc monétaire en septembre.
Les investisseurs sont également attentifs aux actualités concernant la présidence de la BCE, après que Reuters a rapporté que le Forum économique mondial (WEF) pourrait nommer Christine Lagarde à sa tête dès le mois prochain.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans affiche un recul de 9,7 points de base et ressort à 5,0933%. Le deux ans cède 3,8 points de base à 4,7636%.
CHANGES
Le dollar recule après avoir atteint mercredi son plus haut niveau depuis 18 mois, la forte baisse des rendements des bons du Trésor pesant sur la devise américaine.
Le billet vert perd 0,43% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,45% à 1,1206 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole peinent à trouver une orientation, les investisseurs analysant les perspectives d'approvisionnement et les tensions persistantes au Moyen-Orient.
Le Brent cède 0,06% à 106,00 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 2,68% à 97,64 dollars.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré jeudi que le volume total des stocks qui seront mis sur le marché dépasserait les 400 millions de barils initialement convenus en mars, ses membres s’étant engagés à accélérer la mise à disposition des volumes restants.
La tension reste toujours palpable, l'armée iranienne ayant déclaré jeudi qu'un pétrolier "en infraction" était en feu dans la partie orientale du détroit d'Ormuz, selon un communiqué relayé par les médias d'État.
A SUIVRE LE 16 OCTOBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)

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